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extrait1En état d’hypnose, soyons clair une bonne fois pour toutes, la volonté du patient n’est pas sous le contrôle du thérapeute. On ne peut pas faire faire quelque chose à quelqu’un contre sa volonté. Il faudrait plutôt dire contre son désir, contre ses besoins, ses croyances, son système de valeur.

Certes, les patients sont sous influence mais nous sommes tous sous influence! En ce sens l’hypnose s’inscrit dans le vaste ensemble des phénomènes d’influences qui auraient leur fondement, selon certaines théories, dans l’hypnose animale. Nous sommes des êtres d’influence, nous ne cessons de nous influencer mutuellement. Nous sommes influencés par notre milieu familial, culturel, social, et le thérapeute est aussi influencé par son patient. Seulement, l’influence du thérapeute est une influence orientée vers le soin, c’est une influence qui offre au sujet son désir de guérir (Tobie Nathan : l’influence qui guérit). Elle met les patients dans un état où ils se découvrent eux-mêmes, où ils sont en mesure d’augmenter leur pouvoir d’action sur la réalité et sue eux-mêmes.

C’est donc une influence qui dynamise l’univers psychique du patient ; et cette dynamique est produite par un échange où deux personnes au moins s’influencent mutuellement. J’insiste sur l’aspect d’influence mutuelle : Le patient n’est pas passif, c’est un partenaire. De la même manière que le nouveau-né ne fait pas que subir l’influence de son environnement, environnement maternel en premier lieu, mais il l’influence activement comme l’ont bien montré les travaux des interactionnistes, en particulier D. Stern. Le nouveau-né est déjà un sujet et pas un "sugget". Ce néologisme a été forgé par Mikkel Borch-Jacobsen pour désigner un être chez qui toute autonomie s’est évaporée et qui vit à travers un autre. Cette aliénation désignerait, pour ce philosophe, l’essence de la relation hypnotique. Ce philosophe a tort car il faut plutôt voir dans l’hypnose un être chez qui peut percer un sujet doté de facultés émergentes et d’autonomie. Et cette autonomie surgit dans l’hétéronomie. Il s’agit vraiment d’une construction à deux dans un régime d’interaction forte entre le thérapeute et le patient, un régime d’interaction forte du fait de l’estompage des frontières du JE et du TU, des frontières du Moi. En effet, Le Moi est un complexe, une construction (constitués par l’ensemble de nos sensations, expériences, identifications) qui forme notre personnalité. Il est le lieu de notre identité personnelle, du contrôle de notre comportement, de notre rapport aux autres et de la confrontation entre la réalité extérieure, les normes morales et sociales et nos désirs inconscients. Il a une fonction utilitaire, d’adaptation qui s’estompe avec l’entrée dans ce régime d’interaction particulier  où  les défenses du sujet et du thérapeute se relâchent. La réceptivité du patient aux suggestions du thérapeute en est considérablement augmentée ainsi que l’accès à son vécu intérieur facilité. Ce régime d’interaction particulier va donc favoriser le passage du moi à un régime de conscience différent qui augmente le pouvoir et le savoir du patient sur lui-même. Myers disait que la mise entre parenthèse de la conscience ordinaire permet l’émergence des fonctions du" moi subliminal"

Et, tout à l’heure, je disais que le savoir auquel accède le patient est en grande partie inconscient.

Précisons ce point : L’état d’hypnose est réalisé lorsque notre régime de conscience ordinaire qui relève du moi est mis en veilleuse d’une certaine manière, mis entre parenthèse. C’est la mise en veilleuse de notre conscience claire et distincte, comme l’appelait Descartes, que l’on peut nommer aussi conscience consciente ou esprit conscient (Erickson). La conscience est dite consciente dans la mesure où elle est restreinte, car elle ne peut porter son attention qu’à un nombre limité d'éléments. C’est elle qui permet de fragmenter, de découper le réel afin de nous y orienter. Elle a une fonction utilitaire, pragmatique, de classement, d’organisation, d’ordonnancement de la réalité dans laquelle nous vivons. Elle installe des habitudes et des repères relativement stables dans notre quotidien. Lorsque cette conscience réduit son activité jusqu’à un certain seuil alors une autre conscience s’éveille que l’on peut appeler, que François Roustang, par exemple, appelle la conscience inconsciente.

extrait2La conscience est dite inconsciente (et c’est là que l’on va comprendre pourquoi le savoir du patient est dans une large mesure inconscient) car elle supporte la totalité des souvenirs, des émotions, des perceptions des sens externes et internes, des résultats d’apprentissages et des possibilités d’apprentissage. Ces éléments sont trop nombreux, ils sont infinis, trop nombreux pour être distingués par la conscience consciente: elle s'en trouve donc obscurcie, opacifiée. La conscience inconsciente qui supporte cette complexité peut être identifiée à la totalité de la personne incarnée, donc au corps vivant en tant qu’il est esprit. On peut donc proposer une première définition (provisoire et réductrice car cet objet nous échappera toujours) de l'hypnose qui s’appuie sur la distinction entre conscience consciente et conscience inconsciente ou encore selon la terminologie de François Roustang entre veille restreinte et veille généralisée; la veille restreinte renvoie à la conscience claire, la conscience limitée et fragmentée qui appréhende la réalité à travers un régime de fonctionnement majoritairement rationnel, analytique, logique. …La veille généralisée renvoie, elle, à cette expérience de conscience élargie (conscience holotropique) inscrite dans la complexité du vivant, du monde, de l'environnement. Entre la veille restreinte et veille généralisée, il existe tous les degrés possibles de conscience, des nuances infinies. Dans la réalité, évidemment, les deux régimes de conscience entretiennent des interactions extrêmement complexes. On peut avancer l’hypothèse que ces deux régimes de conscience peuvent correspondent, à certains degrés de leur manifestation, à la traditionnelle distinction philosophique entre ratio et intellectus. L’intellectus est la connaissance intuitive des principes, la saisie totale par intuition. Il est la soumission de l’individu à ce qui le dépasse et adhésion de la pensée à tout ce qui se produit. Ratio est la connaissance discursive. La raison est un mouvement capable de distinguer et de relier nos connaissances entre elles (mental). La raison diffère de l’intellect comme la multiplicité de l’unité. Avec la ratio on est dans le contrôle, avec l’intellectus dans l’abandon. Si en état d’hypnose un sujet atteint la sphère de l’intellectus, alors il réalise un dépassement de sa raison, de son moi. En état de veille généralisée, on peut donc tout aussi bien assister à un dépassement du moi qu’à une régression en deçà du moi.

De fait, dans la pratique, on assiste en permanence à une fluctuation de l'état de conscience des patients. Ces états vont des plus superficiels (cad ceux qui correspondent à la prévalence de la conscience consciente) au plus profonds (ceux de la conscience inconsciente). Ces fluctuations nous indiquent que l'hypnose n'est pas un état stable mais plutôt un processus. Elles nous indiquent aussi que la division ou le clivage opéré entre le conscient et l’inconscient est artificiel. Il permet un repérage commode susceptible de nous aider à mettre un peu d’ordre dans la complexité des phénomènes psychiques. Il correspond à un modèle, une construction qui peut donner du sens mais ne renvoie à aucune vérité. En ce sens, lorsque l’on parle d’inconscient en hypnose, cette notion ne renvoie pas à la structure particulière de l’inconscient freudien ou lacanien (entre autres) en tant que substantif. La manière dont est envisagé l’inconscient est la plus large possible et la moins doctrinale qui soit. En gros, on ne met rien de précis derrière cette notion pour éviter une lecture réductrice du paysage psychique en terme par exemple de castration, de complexe d’Œdipe, de phallus, de refoulement. Notre admettons qu’il puisse y avoir un modèle d’inconscient freudien formé par les instances du refoulement. C’est un modèle qui peut être fécond notamment pour prendre en compte les fameuses résistances des patients auxquelles on est confronté dans notre pratique. Mais c’est un modèle qui doit être dépassé comme tout modèle car il ne concerne pas l’homme en général mais une certaine construction de l’homme telle qu’elle apparaissait à l’époque où Freud l’a élaboré. L’inconscient freudien est un inconscient personnel, biographique, individualiste. Il doit être élargi à d’autres dimensions, trans-personnelles, familiales, collectives. Il y a plusieurs inconscients ou plusieurs plans de l’inconscient. Un psychiatre tchéque du nom de Grof a distingué plusieurs niveaux de l’inconscient ; le niveau biographique qui correspond à ce que décrit Freud ; le niveau périnatal rattaché aux expériences de naissance et de mort ; le niveau trans-générationel (qui peut contenir des problèmes non résolus de nos ancêtres, des secrets de famille, mais aussi des événements positifs, stimulants) ; le niveau trans-personnel qui concerne les états non ordinaires de conscience. Les expériences trans-personnelles couvrent une dimension très vaste de l’esprit : identification à des animaux (une patiente qui lors d’une séance s’était retrouvé au fond des océans dans la peau d’un poulpe), des végétaux, conscience planétaire, expériences ancestrales..

extrait3Au fond, la complexité dans laquelle le sujet est inscrit et qui est révélée sous des formes différentes par l’hypnose met à mal le sentiment de ceux qui croit que la conscience suffirait à tout comprendre et montre à quel point ceux qui croit voir le monde clairement reste à sa surface. C’est l’expérience de cette complexité et sa force qui peut générer des modifications dans la vie du sujet, qui peut transformer la rigidité des habitudes enregistrées par l’esprit conscient en souplesse et fluidité.

Le patient est comme traversé par cette complexité, il se laisse porter par elle. Il ne fait rien, d’une certaine façon, puisqu’il est invité et amené à cesser d’exercer tout contrôle. Bien installé dans ce régime de sensorialité, il n’interprète plus, n’analyse plus, ne ressasse plus, ne rumine plus. Il sent. Cela ne signifie pas qu’il ne pense plus, mais il pense différemment avec son corps plus avec sa tête, avec son corps, son corps vivant en tant qu’il est esprit

L’inconscient se remanie à la faveur de se lâcher-prise, qui est un terme galvaudé, il faudrait plutôt parler d’un laisser-être ou d’un laisser-se-faire les choses. L’individu accueille tout ce qui se présente à lui, sensations, émotions, images, souvenirs et il les laisse se déployer. « L’inconscient «  libère des ressources nouvelles auxquelles le patient devra apprendre à faire une place de plus en plus grande, il met à la disposition du patient les nouvelles possibilités et capacités qui vont lui permettre de changer

 

Les indications les plus fréquentes

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sevrage tabagique : 3 séances

perte de poids : de 5 à 10 séances

phobies, TOC, troubles du sommeil, dépression, anxiété, stress...

douleurs chroniques, céphalées, migraines, troubles digestifs, maux d'estomac....

affections cutanées, eczéma, psoriasis, herpès, verrues...

traitement des acouphènes